Dans la vie, j'ai quelques amis, je l'avoue. J'avoue aussi que pendant longtemps, je n'ai pas voulu d'enfants, et que ces derniers
temps, j'ai changé.
Et mes amis, ceux que je cite plus haut, me posent des questions. Enfin, ceux qui n'en ont pas. Les autres, ceux qui sont parents, se contentent de rire doucement et me tapotent la tête comme si
j'étais un briard un peu niais.
Je n'en voulais pas parce que je trouvais ça très sérieux. Parce que je savais que j'avais du mal à donner, aussi, et qu'on ne peut pas avoir d'enfants sans donner. En tous cas, je trouve ça
difficile.
Alors ces amis me demandent, les yeux ronds, "pourquoi tu veux des nains?"
D'où ce billet pour leur répondre, parce que c'est la classe de dire "va voir sur mon blog, il répondra à ta question. reverse-moi un verre de ce petit Cabernet-Sauvignon, veux-tu?"
Et bien parce que le couple en tant que monolithe immuable, j'ai tenté. ca m'a bien plu, pour les nuits entières de JdR endiablées, mais en fait, non. parce que, mais ce doit être mon côté
explorateur, dans la vie, il faut bien aller quelque part, et que si le couple est déjà finalisé au bout de deux semaines, alors c'est qu'on a pas été très très loin. Une relation est par essence
(de mon point de vue) polymorphe, et si une des meilleures relations est celle qu'on vit avec sa compagne ou son compagnon, c'est que les formes que ça prend doivent être encore plus belles et plus
complexes que ce qu'on vit avec ses potes. et faire des enfants enrichit et embellit cette relation.
Voyez?
parce que, aussi, je ne vois pas grand chose de plus beau que deux personnes qui font l'amour en sachant qu'elles font un enfant. Quelque chose de très fort et très doux, en se regardant dans les
yeux. des fois.
parce qu'on peut se dire ce qu'on veut, ce qu'on ressent, en tant qu'êtres humains, on reste seuls. On peut jurer, on peut se fiancer, on peut se marier, même si j'y crois, moi, au mariage et à
l'amour qui dure toute une vie, on peut partir. On peut changer d'avis. mais faire un enfant, c'est dire "j'y cris, moi, maintenant et avec toi, plus tard aussi, et toujours avec toi." C'est se
lier, véritablement, à l'autre, c'est s'engager, dans ce que l'engagement compte de beauté et de force.
C'est aimer l'autre, non seulement tant qu'amant, mais aussi en tant qu'humain, lui montrer qu'on lui fait confiance, une confiance qui veut dire que même s'il devient le pire con que la terre ait
jamais porté, on sait, on pense, qu'il sera un humain assez chouette pour assurer.
C'est aussi donner un pouvoir magique immense à son compagnon; celui de faire de moi une maman. Et assumer le mien, de pouvoir magique; le rendre, lui, papa.
C'est un sacré pouvoir magique. Ca n'a l'air de rien, comme ça, mais si. Les véritables sorts sont ceux qu'on ne remarque presque pas, si?
C'est aussi se dire qu'on se voit bien passer la plus grosse part de notre vie avec cet homme-là, en tant qu'homme et en tant que père. Qu'on pense que lui, oui, on ne s'ennuiera pas avec lui.
QU'on saura lui trouver des qualités au fil des jours, et que ses défgauts, ma foi, on saura bien les mettre de côté, parce qu'on fond on s'en fout. C'est avec lui, c'est tout.
C'est avoir confiance en l'autre, même s'il a peur, même si on a peur. Confiance en la vie, en soi, en l'autre.
Accepter, l'autre, soi, et la vie.
Et le reste, se dire que ce n'est... que le reste, justement.
Je vous embrassse tous.
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